La prospection B2B par e-mail est-elle légale ? Règles par pays (2026)
2026-10-15 · mis à jour 2026-10-15 · 14 min de lecture · Adam Axelsson, fondateur de Revexa
La prospection B2B par e-mail est légale dans certains pays européens et illégale dans d'autres, et ce n'est pas le RGPD qui tranche. Le RGPD encadre le traitement des coordonnées, en général sur la base de l'intérêt légitime prévu à l'article 6(1)(f), avec une mise en balance documentée. La possibilité même d'envoyer l'e-mail dépend de la loi ePrivacy de chaque pays, qui transpose l'article 13 de la directive 2002/58/CE. En Autriche, au Danemark, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Pologne et en Espagne, cette loi exige un consentement préalable même lorsque le destinataire est une entreprise.
Vérifié le 15 octobre 2026 au regard des textes de loi et des lignes directrices des autorités. Ceci n'est pas un conseil juridique.
Ce guide compare 20 pays : 17 en Europe, plus les États-Unis, le Canada et l'Australie. L'Allemagne a sa propre page : la prospection par e-mail en Allemagne (UWG §7). Revexa développe Leo, un agent de signaux d'achat pour la prospection sur LinkedIn et par e-mail ; la dernière section explique comment Leo applique ces règles.
Les trois modèles en Europe
La directive ePrivacy n'impose le consentement préalable à la prospection commerciale par courrier électronique qu'à l'égard des « abonnés qui sont des personnes physiques ». Pour tous les autres, chaque État membre décide comment protéger leurs « intérêts légitimes » (article 13(5)). Les réponses se répartissent donc en trois groupes :
- Consentement pour tous les destinataires, entreprises comprises : Autriche, Danemark, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne et Espagne. La Suisse exige un consentement pour la « publicité de masse » automatisée ; on ignore si un seul e-mail écrit à la main est concerné.
- Consentement pour les seules personnes physiques : Belgique et Norvège. Vous pouvez écrire à une adresse générique d'entreprise sur la base de l'opt-out, mais prénom.nom@entreprise est l'adresse d'une personne et exige un consentement, selon le rapport au Roi qui accompagne l'arrêté royal du 4 avril 2003 en Belgique et selon l'Autorité norvégienne des consommateurs. Le Luxembourg et le Portugal tracent la même frontière dans leur loi, mais aucune autorité n'a dit de quel côté se trouve l'adresse nominative d'un salarié ; par prudence, nous retenons le consentement.
- Opt-out pour les entreprises, adresses nominatives des salariés comprises, dans certains pays uniquement si le message concerne leur fonction : le Royaume-Uni, où l'adresse professionnelle d'un salarié appartient à un « corporate subscriber » (abonné personne morale) (ICO) ; la France, en vertu des lignes directrices de la CNIL plutôt que du texte de loi (CNIL) ; la Finlande, uniquement si l'offre se rapporte pour l'essentiel aux fonctions de la personne, ce qu'il faut vérifier et documenter au préalable (Ombudsman de la protection des données) ; l'Irlande, en vertu de la regulation 13(2), que les lignes directrices du régulateur ne mentionnent jamais (S.I. 336/2011) ; et la Suède, où seules les règles éthiques du secteur le prévoient (SWEDMA).
Les entrepreneurs individuels sont des personnes physiques : leur consentement est donc requis dans presque tous les pays ; pour la France et l'Irlande, la réponse est incertaine. Enfin, la directive interdit les e-mails de prospection qui dissimulent l'identité de l'expéditeur ou qui sont envoyés « sans indiquer d'adresse valable à laquelle le destinataire peut transmettre une demande visant à obtenir que ces communications cessent » (article 13(4)).
La règle polonaise date du 10 novembre 2024 : l'article 398 de la loi polonaise sur les communications électroniques protège les entreprises et les entrepreneurs individuels de la même manière (ministère des Affaires numériques). Les guides plus anciens qui présentent l'e-mail B2B en Pologne comme soumis à l'opt-out décrivent la loi abrogée.
Quelles règles nationales s'appliquent ?
Prévoyez celles du pays du destinataire. La directive européenne sur le commerce électronique permet aux services en ligne de suivre les règles de leur pays d'origine, mais elle exclut « l'autorisation des communications commerciales non sollicitées par courrier électronique » (directive 2000/31/CE, annexe). L'Autriche considère qu'une infraction commise depuis l'étranger a lieu là où le message arrive, et le Canada et l'Australie appliquent leur loi aux messages lus sur leur territoire. Selon notre lecture, une entreprise suédoise qui écrit à un prospect danois suit les règles danoises.
RGPD ou ePrivacy : lequel décide ?
Les deux s'appliquent, mais pas à la même chose.
- Le RGPD couvre les données. Un nom et une adresse professionnelle sont des données personnelles. Selon le considérant 47, le traitement à des fins de prospection « peut être considéré comme étant réalisé pour répondre à un intérêt légitime » : la prospection B2B peut donc reposer sur l'article 6(1)(f) si votre test en trois étapes est concluant (intérêt, nécessité, mise en balance). Indiquez l'origine des données « au plus tard au moment de la première communication » (article 14(3)(b)) ; une opposition est définitive (article 21(3)) (RGPD). Pour aller plus loin : RGPD et e-mail B2B fondé sur l'intérêt légitime.
- Les règles ePrivacy couvrent le canal. Là où la règle nationale exige un consentement, l'intérêt légitime ne peut pas le remplacer. Le régulateur britannique précise que l'intérêt légitime peut s'appliquer « only where the Privacy and Electronic Communication Regulations (PECR) don't require consent » (uniquement lorsque le PECR n'exige pas de consentement) (ICO). Les autorités allemandes de protection des données estiment que si l'UWG interdit un canal, « il n'existe d'emblée aucun intérêt légitime » (DSK, notre traduction), et le Garante italien considère que l'e-mail de prospection ne peut en aucun cas reposer sur l'intérêt légitime (Garante, 2026).
Une adresse info@ derrière laquelle il n'y a personne échappe souvent au RGPD, mais la règle ePrivacy s'applique tout de même. L'affirmation répandue selon laquelle l'intérêt légitime rendrait la prospection B2B par e-mail légale dans toute l'UE ne répond donc qu'à la question des données, et les listes qui rangent le Danemark, les Pays-Bas, l'Espagne ou l'Italie parmi les pays permissifs oublient que leur loi exige un consentement même pour les entreprises.
Règles de prospection par e-mail, pays par pays
« Consentement » désigne un consentement préalable au premier e-mail commercial. « Opt-out » signifie que vous pouvez envoyer sans consentement si vous vous identifiez, proposez un moyen de désinscription qui fonctionne et cessez les envois dès qu'on vous le demande. « Aucune position trouvée » signifie que nous n'avons trouvé aucune position d'une autorité ou d'un tribunal.
| Pays | Adresse générique (info@) | Adresse nominative d'un salarié | Entrepreneur individuel | Clients existants (soft opt-in) | Messages LinkedIn | Autorité |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Autriche | Consentement (TKG §174) | Consentement | Consentement | Oui, au sens strict ; pas si l'adresse figure sur la liste d'opposition ECG de la RTR | Aucune position trouvée | Fernmeldebüro ; DSB (RGPD) |
| Belgique | Opt-out si l'adresse est impersonnelle et que l'offre vise des personnes morales (arrêté) | Consentement | Consentement (notre lecture) | Oui | Aucune position trouvée | SPF Économie ; APD |
| Danemark | Consentement (§ 10) | Consentement | Consentement | Oui | Oui : les messages privés comptent comme du courrier électronique | Ombudsman des consommateurs ; Datatilsynet |
| Finlande | Opt-out (§ 202) | Consentement, sauf si l'offre se rapporte pour l'essentiel à ses fonctions | Consentement (notre lecture) | Oui | Aucune position trouvée | Ombudsman de la protection des données |
| France | Hors de la règle du consentement, selon la CNIL | Opt-out si le message est en rapport avec sa profession (CNIL, pas le texte de loi) | Incertain | Oui ; un compte sans achat ne suffit pas | Aucune position trouvée | CNIL ; DGCCRF |
| Allemagne | Consentement (UWG §7(2) n° 2) | Consentement | Consentement | Oui, au sens strict | Oui : OLG Hamm 2023 (affaire B2C) | Aucune autorité ; actions civiles |
| Irlande | Opt-out (reg 13(4)) | Opt-out s'il s'agit d'une adresse professionnelle et que le message ne porte que sur ce travail (reg 13(2)) ; le régulateur ne dit rien | Incertain | Oui, si la vente date de moins de 12 mois | Aucune position trouvée | Data Protection Commission |
| Italie | Consentement (art. 130) | Consentement, même pour une adresse devinée | Consentement | Oui, e-mail uniquement, interprétation stricte | Oui : Garante 2013, 2021, 2026 | Garante |
| Luxembourg | Opt-out (art. 11(5)) | Incertain (notre lecture : consentement) | Consentement | Oui | Aucune position trouvée | CNPD ; tribunaux |
| Pays-Bas | Consentement, sauf adresse publiée pour recevoir des offres (Tw 11.7) | Consentement | Consentement | Oui, également pour les clients professionnels | Aucune position trouvée | ACM ; AP |
| Norvège | Opt-out pour les adresses du type post@ (§ 15) | Consentement | Consentement (notre lecture) | Oui | En partie : les réseaux sociaux soulèvent les mêmes questions que l'e-mail | Autorité des consommateurs ; Datatilsynet |
| Pologne | Consentement (art. 398) | Consentement | Consentement | Aucune exception (notre lecture) | Aucune position trouvée | UKE ; UODO |
| Portugal | Opt-out ; consultez d'abord la liste d'opposition de la DGC (art. 13.º-A) | Incertain (la loi penche vers le consentement) | Consentement | Oui | Aucune position trouvée | CNPD ; DGC |
| Espagne | Consentement (LSSI art. 21) | Consentement, même si l'adresse est publiée en ligne | Consentement | Oui | Aucune position trouvée | AEPD |
| Suède | Opt-out (§§ 19 et 20) | Opt-out si le message est pertinent pour la fonction (règles du secteur ; jamais testées) | Consentement | Oui | Aucune position trouvée | Ombudsman des consommateurs (KO) ; IMY |
| Suisse | Consentement pour les envois automatisés (UWG art. 3) ; incertain pour un seul e-mail manuel | Comme info@ | Comme info@ | Oui | Aucune position trouvée | Pas d'autorité habilitée à infliger des amendes ; SECO ; PFPDT |
| Royaume-Uni | Opt-out (PECR reg 22) | Opt-out (corporate subscriber) | Consentement ou soft opt-in | Oui, également après des « negotiations for the sale » (négociations en vue d'une vente) | Oui : les messages privés sur les réseaux sociaux sont du courrier électronique | Information Commission |
| Hors d'Europe | ||||||
| Australie | Consentement (Spam Act) | Consentement ; implicite si l'adresse est publiée bien en vue et que le message concerne son travail | Comme l'adresse nominative | Uniquement en cas de relation suivie et démontrable | Aucune position trouvée | ACMA |
| Canada | Consentement, exprès ou tacite (CASL) | Tacite si l'adresse est publiée ou vous a été communiquée et que le message est pertinent pour la fonction | Comme l'adresse nominative | Tacite : achat dans les 2 ans, demande de renseignements dans les 6 mois | Oui : le CRTC cite la messagerie LinkedIn | CRTC |
| États-Unis | Opt-out (CAN-SPAM) | Opt-out | Opt-out | Pas nécessaire | Aucune position formelle | FTC |
Vérifiez la forme juridique dans le registre des sociétés ; pour les pays nordiques, voir comment trouver des clients B2B dans les pays nordiques.
Les messages LinkedIn sont-ils concernés ?
Cinq autorités et juridictions ont dit expressément que les messages privés sur les réseaux sociaux relèvent de la règle applicable à l'e-mail :
- Danemark. L'Ombudsman des consommateurs : « Privatbeskeder er elektronisk post » (les messages privés sont du courrier électronique) (lignes directrices, 2021). Même un message de chat demandant à quelqu'un s'il souhaite recevoir de la prospection est interdit (Ombudsman des consommateurs).
- Royaume-Uni. L'ICO range la « direct messaging on social media (ie private messages) » (messagerie directe sur les réseaux sociaux, c'est-à-dire les messages privés) dans le courrier électronique (ICO) et précise qu'un message adressé à une personne qui utilise un réseau professionnel « in their personal, albeit professional, capacity » (à titre personnel, bien que professionnel) est « not considered B2B marketing » (pas considéré comme du marketing B2B). LinkedIn n'est pas cité.
- Canada. Le CRTC range la « LinkedIn messaging » (messagerie LinkedIn) parmi les envois de messages à des « electronic addresses » (adresses électroniques) au sens de la CASL (CRTC).
- Allemagne. La cour d'appel de Hamm a cité LinkedIn parmi les réseaux sociaux dont les messages constituent du courrier électronique (OLG Hamm, 3 mai 2023), dans une affaire concernant des destinataires particuliers et close sans décision définitive.
- Italie. Les lignes directrices de 2013 du Garante soumettent à la règle du consentement les messages de prospection adressés aux utilisateurs de réseaux sociaux. En 2021, puis de nouveau en avril 2026, il a estimé que les utilisateurs de LinkedIn ne sont pas censés utiliser la plateforme « dans le but de vendre des produits ou des services » (notre traduction ; La Prima, Aesir).
Signaux plus faibles : l'Autorité norvégienne des consommateurs estime que les réseaux sociaux soulèvent « les mêmes considérations » que l'e-mail (notre traduction) ; le SPF Économie belge, l'ACM néerlandaise et l'AEPD espagnole appliquent leurs règles sur l'e-mail au chat ou à WhatsApp ; et un billet de blog de la FTC datant de 2015 cite des tribunaux de district américains. Nous n'avons trouvé aucune position dans les dix autres pays, ni nulle part sur les demandes de connexion accompagnées d'un message commercial.
La lecture prudente : un message privé commercial sur LinkedIn suit la même règle qu'un e-mail adressé à cette personne dans ce pays. Pour les limites propres à LinkedIn, voir la prospection LinkedIn sans restrictions.
Sanctions effectivement prononcées pour des e-mails B2B
Les sanctions augmentent avec le volume : l'Irlande compte chaque e-mail comme une infraction distincte, et un tribunal danois est parti de 100 DKK par e-mail. Voici les affaires B2B que nous avons pu documenter à partir de sources primaires, toutes par e-mail sauf les SMS en Finlande :
| Pays | Affaire | Date | Résultat |
|---|---|---|---|
| Autriche | Agence vidéo, trois e-mails de prospection à froid au gérant d'une GmbH, dont l'adresse figurait sur la liste nationale d'opposition | 23 décembre 2024 | 600 € et 800 € (BVwG) |
| Canada | Compu.Finder, formations promues par e-mail principalement auprès de personnes travaillant au Québec | 19 octobre 2017 | 200 000 CAD (CRTC) |
| Danemark | Organisme de formation, plus de 38 500 e-mails faisant la promotion de conférences (le caractère B2B est notre lecture) | Page datée du 7 février 2019 | 800 000 DKK (Ombudsman des consommateurs) |
| Finlande | Vendeur de formations, SMS envoyés à des salariés sans vérifier leurs fonctions | Publié le 5 août 2020 | 7 000 € (Ombudsman de la protection des données) |
| Allemagne | Consultant informatique, deux e-mails à l'adresse du dirigeant d'une entreprise | 20 novembre 2025 | Injonction sous peine d'une amende pouvant atteindre 250 000 € par nouvelle infraction, plus 453,87 € de frais juridiques (AG Düsseldorf) |
| Irlande | Viking Direct, un e-mail à une adresse professionnelle qui s'était désinscrite | 14 mai 2018 | Mise à l'épreuve au lieu d'une condamnation ; a payé les frais de la DPC (DPC) |
| Italie | Grizzaffi Management, e-mails à des professionnels du bâtiment tirés de listes publiques | 17 mai 2023 | 10 000 € (Garante) |
| Pays-Bas | Companeo, près de 15 millions d'e-mails à des destinataires principalement professionnels | 2012 ; réduction en appel le 17 mars 2016 | 100 000 €, réduits à 75 000 € (ACM) |
| Espagne | Euskaltel, une seule offre d'un revendeur envoyée à l'adresse générique adm@ d'une entreprise | Paiement le 12 novembre 2021 | 4 000 € après une proposition de 5 000 € (AEPD) |
| États-Unis | Verkada, e-mails à des clients potentiels sans opt-out fonctionnel | 30 août 2024 | 2,95 millions de dollars (FTC) |
L'Allemagne n'a pas d'autorité habilitée à infliger des amendes pour l'e-mail B2B : l'application du droit passe par la voie civile, avec des mises en demeure (Abmahnung) et des injonctions émanant de concurrents, d'associations ou du destinataire. Nous n'avons trouvé aucune amende pour de l'e-mail B2B en Australie, en Belgique, en France, au Luxembourg, en Norvège, au Portugal, en Suède, en Suisse ni au Royaume-Uni ; lorsque des affaires existent, elles concernent des consommateurs, la collecte de données ou des appels téléphoniques.
Le Royaume-Uni en 2026 : nouveau régulateur, amendes plus lourdes
- Nouveau nom. Le 30 septembre 2026, l'Information Commission a remplacé l'Information Commissioner's Office, avec les mêmes « role, responsibilities, or powers » (rôle, responsabilités ou pouvoirs) (gov.uk). Le site reste ico.org.uk.
- Amendes plus lourdes. Pour les manquements au PECR commis à compter du 5 février 2026, le plafond est de 17,5 millions de livres sterling ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu (DPA 2018 s. 157, appliquée au PECR ; dispositions transitoires dans le SI 2026/82). Les manquements antérieurs restent soumis à l'ancien plafond de 500 000 £, que mentionne toujours la page What are PECR? du régulateur lui-même, signalée comme en cours de révision. Nous n'avons trouvé aucune décision rendue sous le nouveau plafond.
- La règle B2B ne change pas. L'e-mail aux abonnés personnes morales (corporate subscribers) ne requiert pas de consentement ; celui aux entrepreneurs individuels et aux sociétés de personnes ordinaires (ordinary partnerships), si. L'article 6(11) du UK GDPR cite désormais la prospection comme exemple d'intérêt légitime ; la mise en balance reste nécessaire.
États-Unis, Canada et Australie
- États-Unis : opt-out. La loi CAN-SPAM n'interdit pas la prospection à froid par e-mail, et « the law makes no exception for business-to-business email » (la loi ne prévoit aucune exception pour l'e-mail B2B) (FTC). Chaque message doit comporter des en-têtes et un objet honnêtes, une mention publicitaire, une adresse postale physique et un opt-out appliqué sous 10 jours ouvrés. Les sanctions atteignent 53 088 $ par e-mail.
- Canada : consentement. La CASL (loi canadienne anti-pourriel) exige un consentement exprès ou tacite. Le consentement peut être tacite lorsque la personne a publié son adresse bien en vue, ou vous l'a communiquée, sans mention refusant les messages non sollicités, et que le message correspond à sa fonction. Un e-mail qui demande le consentement est lui-même un message commercial. Les entreprises encourent jusqu'à 10 millions CAD par violation.
- Australie : consentement. Selon le Spam Act, le consentement « may not be inferred from the mere fact that the relevant electronic address has been published » (ne peut être déduit du seul fait que l'adresse électronique concernée a été publiée), mais une adresse professionnelle publiée bien en vue peut valoir consentement implicite pour des messages liés au travail de la personne. L'ACMA précise : « You cannot send an electronic message to ask for consent » (vous ne pouvez pas envoyer de message électronique pour demander le consentement) (ACMA).
Check-list pour l'e-mail B2B en Europe
- Identifiez le pays et la forme juridique du destinataire. Une société et un entrepreneur individuel relèvent de règles différentes dans la plupart des pays.
- Confrontez l'adresse au tableau. Là où le consentement est requis, n'envoyez rien, et n'envoyez pas non plus d'e-mail pour le demander : le Danemark, l'Autriche et l'Italie considèrent cela aussi comme de la prospection.
- Parlez de leur métier. La France, la Finlande, l'Irlande et les règles du secteur en Suède font de la pertinence pour la fonction une condition, et selon notre lecture, elle pèse aussi dans la mise en balance du RGPD.
- Documentez votre évaluation de l'intérêt légitime avant le premier envoi : finalité, nécessité, mise en balance.
- Identifiez l'expéditeur et prévoyez un opt-out fonctionnel dans chaque message, et indiquez l'origine des données au plus tard dans le premier.
- Respectez immédiatement le droit d'opposition, sur tous les canaux, et tenez une liste de suppression pour qu'une personne qui a dit non ne revienne jamais.
- Consultez les registres d'opposition : la liste ECG autrichienne (RTR) et la liste portugaise des entreprises qui refusent la prospection (DGC).
- Traitez les messages LinkedIn comme des e-mails dans le pays du destinataire.
- Conservez des preuves de l'endroit et du moment où vous avez trouvé chaque adresse, et de la raison pour laquelle le message correspondait à la fonction ; l'autorité finlandaise l'attend.
Comment Leo applique ces règles
- L'Allemagne est bloquée automatiquement. Leo n'envoie aucun message de prospection à froid aux leads situés en Allemagne (UWG §7). C'est le seul pays que Leo bloque automatiquement.
- Partout ailleurs, c'est vous qui décidez. Le mode relecture est activé par défaut : vous lisez et approuvez chaque brouillon avant son envoi. Un lead au Danemark, en Pologne ou en Espagne n'est pas arrêté automatiquement : l'appréciation au regard de ce tableau vous revient. Le mode autonome peut être activé canal par canal ; si votre liste comprend des pays où le consentement est exigé, gardez le mode relecture activé.
- Stop veut dire stop. Une désinscription sur un canal bloque la personne sur tous les canaux.
- Langue. Leo écrit à chaque lead dans sa propre langue lorsque votre site existe dans cette langue, par exemple en allemand, en français, en espagnol ou en néerlandais, et sinon en anglais.
Leo n'est pas le bon choix si vous avez besoin d'un logiciel qui fasse respecter à votre place les règles de consentement de chaque pays. Les faits vérifiés sur Leo, y compris ses règles de conformité, figurent sur notre fiche d'information.
Questions fréquentes
La prospection B2B par e-mail est-elle légale en Europe ?
Cela dépend du pays du destinataire. L'Autriche, le Danemark, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne et l'Espagne exigent un consentement préalable même pour les entreprises. Le Royaume-Uni, la France, la Suède, la Finlande et l'Irlande autorisent l'e-mail aux entreprises sur la base de l'opt-out, la Belgique et la Norvège uniquement vers des adresses génériques.
L'intérêt légitime du RGPD suffit-il à rendre la prospection par e-mail légale ?
Pas à lui seul. L'intérêt légitime au sens de l'article 6(1)(f) peut couvrir le traitement des coordonnées, mais lorsqu'une loi ePrivacy nationale exige un consentement pour l'e-mail, il ne peut pas remplacer ce consentement. Le régulateur britannique précise que l'intérêt légitime s'applique « only where » (uniquement lorsque) le PECR n'exige pas de consentement.
Quels pays européens exigent un consentement pour la prospection B2B par e-mail ?
Pour tous les destinataires : l'Autriche, le Danemark, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Pologne et l'Espagne, ainsi que la Suisse pour les envois automatisés. Pour les adresses nominatives de salariés, également la Belgique et la Norvège, et, selon notre lecture prudente, le Luxembourg et le Portugal. Les entrepreneurs individuels doivent avoir donné leur consentement dans presque tous les pays.
Puis-je envoyer des messages de prospection LinkedIn à des prospects européens ?
Traitez-les comme des e-mails. Le Danemark et le Royaume-Uni considèrent les messages privés sur les réseaux sociaux comme du courrier électronique, comme l'a fait une cour d'appel allemande pour LinkedIn ; le CRTC canadien soumet la messagerie LinkedIn à sa loi anti-pourriel, et le Garante italien estime que LinkedIn n'est pas fait pour vendre. La plupart des autres pays n'ont publié aucune position.
Les règles de mon pays s'appliquent-elles, ou celles du destinataire ?
Prévoyez celles du destinataire. La directive européenne sur le commerce électronique exclut l'e-mail commercial non sollicité du principe du pays d'origine, et l'Autriche, le Canada et l'Australie appliquent leur loi aux messages qui atteignent des destinataires sur leur territoire.